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Mondialisation : la tour de Babel de la finance et son inéluctable effondrement.

Ce qui ne sera pas indiqué comme la cause première de la crise financière actuelle, et probablement l’effondrement inéluctable de cette vaniteuse et immorale tour de Babel des profits sans limites, est en réalité la mondialisation aux règles si perverses qu’elles constituent le coeur d’une ontologie aux effets dévastateurs.

Cette mondialisation est à l’image de l’industrie pharmaceutique moderne, qui propose des médicaments qui soulagent temporairement, mais ne guérissent pas. Pendant que le remède apporte un soulagement aux maux du malade, ce dernier a le sentiment que son médecin est un bon thérapeute, et que les laboratoires pharmaceutiques sont, par leurs recherches, les joyaux de la modernité d’une civilisation hautement développée. Le problème c’est qu’en réalité tout le processus repose sur une énorme supercherie celui qui a pour base morale plus que douteuse les profits maximums. Quelle officine commerciale serait assez stupide de proposer des solutions à ses clients qui auraient pour conséquence de lui faire perdre ce client qu’elle vient de servir … Alors soulager oui, mais guérir ce serait se condamner à une mort certaine et la perte des lourds investissements qui ont été nécessaires à la mise au point d’un remède, source de considérables profits espérés.

Ce médicament proposé aux malades sera donc efficace surtout dans l’illusion qu’il apporte et l’addiction qu’il provoquera chez le patient, au point que ce dernier aura l’impression qu’il ne peut pas vivre normalement sans lui. Le soulagement apporté ne durera qu’un temps limité, mais inéluctablement d’une part, l’effet d’accoutumance aidant il deviendra de moins en moins efficace, malgré l’augmentation profitable (pour la finance) des doses ; et d’autre part, l’accumulation dans l’organisme des molécules de synthèse finira par se révéler autrement plus nocive et destructrice que les maux qu’elles étaient sensées soulager… Le mécanisme de fonctionnement de ce processus peut se résumer de la façon suivante : espérance, illusion, effondrement et désillusion.

La mondialisation a été présentée comme l’espérance d’un partage des richesses entre les pays pauvres et les pays riches, remède à la misère endémique d’une partie de l’humanité, avec pour conséquence bénéfique l’élargissement des marchés offrant une plus grande possibilité d’enrichissement pour les pays riches (illusion de gains sans pertes pour qui que ce soit)… Pendant la mise en place de la thérapie, l’effet placébo aidant, nous avons pu avoir l’illusion que le remède apportait un véritable soulagement à l’humanité, notamment dans un abaissement des famines et du nombre de pauvres. Mais pendant cette période de soulagement, l’organisme de la mondialisation accumulait des molécules de synthèses parfaitement diaboliques et dont le poison insidieux s’est propagé dans tout ce corps donnant pourtant l’apparence d’une bonne santé, alors qu’il n’était que sous dopage de substances terriblement destructrices, administrées par les Dr. Mabuse de la finance et de la banque, vampires à la voracité sans limites.

Sous le faux masque de la libéralisation des marchés, se cachait en réalité le spectre destructeur de la loi du plus fort. Le vice sait pertinemment que pour prendre et occuper durablement le pouvoir, il doit obligatoirement singer la vertu. Le romantisme d’une généreuse répartition des richesses, n’était qu’un alibi (fausse barbe) permettant à la plus insondable cupidité de faire avancer sa gloutonnerie au-delà des limites dans lesquelles les règles contraignantes l’obligeaient à pondérer son appétit. Ici le libéralisme s’est révélé comme une molécule de synthèse se substituant à la molécule naturelle qu’est la liberté. S’il n’y a pas de liberté sans lois justes et appliquées, le libéralisme qui ne peut se satisfaire de ces lois contraignantes pour tous, y compris pour lui-même, y a substitué la loi du plus fort qui est en vérité l’absence de loi et de contrainte.

Après le drame de 1929, la catastrophe économique, — déjà issue d’une tentative de mondialisation, qui a été purgée par ce que Bille Bonner a qualifié de : plus grand programme de travaux publics de tous les temps : La Seconde guerre mondiale — , les règles que s’étaient imposées les nations se sont rapidement révélées insupportables pour l’appétit et le manque de civisme des prédateurs internationaux. Le 15 août 1971 Le président R. Nixon faisait sauter l’une des plus importantes celle de la convertibilité du dollar en or. Probablement que l’Histoire finira par admettre que celui qui a allumé la mèche de la prochaine déflagration économique est ce président des États-Unis…. Lorsque le président Carter, sous la pression d’économistes libéraux, organise en 1971 la libéralisation du transport aérien avec l’Air Deregulation Act, il a poursuivi dans la même voie de suppression des règles de son prédécesseur. Cette suppression des règles entamée par ces présidents va très rapidement s’étendre à l’ensemble du secteur de l’industrie et des services tant aux États-Unis qu’en Europe et dans le reste du monde.

La finance mondiale profite alors à plein de ce capitalisme en état de dopage intensif par un dollar papier, fausse monnaie devenue monnaie internationale. La prospérité (soulagement temporaire) qui se répand dans l’économie mondiale est à dose homéopathique pour les classes inférieures ou moyennes, mais à dose intensive pour les classes supérieures et ce secteur privilégié qu’est celui de la finance. Cette croissance non vertueuse de l’activité économique s’est faite en dépit et au mépris des règles environnementales, sociales et culturelles. L’absence de morale et d’éthique a ouvert la boîte de Pandore à la réduction des pouvoirs des états au profit des marchés financiers utilisant, pour s’affranchir totalement de toutes contraintes, les paradis fiscaux et les secrets bancaires. Ils ont été suivi de près par les mafias et les groupes terroristes qui se sont abondamment servi de ces nouvelles possibilités pour parvenir aux attentats du 11 septembre 2001, qui n’auraient probablement pu se faire si les règles antérieures avaient été maintenues, même largement modifiées pour s’adapter aux naturelles évolutions de la civilisation.

Le dernier acte de cette dérégulation est certainement le Gramm-Leach-Billey Act, qui en 1999 a remplacé la loi Glass-Steagall ; cette dernière interdisait aux banques de proposer des services d’investissements et d’assurances, et d’effectuer des regroupements entre banques commerciales et banques d’investissement.

Les Dr. Mabuse de la finance, cantonnés dans les hedge funds, ce sont depuis répandus dans toutes les structures financières (banques, assurances, institutions gérantes des fonds de pensions et de retraites etc.) avec leurs pilules empoisonnées aux noms de subprimes, CDO, RBS, CDS et bien d’autres bestioles de nature destructrices dont le grand public finira par entendre parler, mais uniquement lorsqu’il sera pour lui trop tard.

Le mal que manifeste la mondialisation, malade qu’elle est de ses fameux remèdes miracles, est analogiquement semblable à celui d’un patient qui s’est drogué pendant des années avec un médicament soulageant passagèrement ses troubles, et qui découvre que ce fameux remède a engendré un mal autrement plus grave que celui qu’il avait, car celui-là, à l’inverse de l’autre, est mortel !

Comme diraient les médecins face à une telle situation, le cas de ce patient est grave, il ne lui reste que quelques semaines, tout au plus quelques mois à vivre, durant cette période il donnera parfois l’impression qu’il est en phase de rémission, mais ce sera pour mieux replonger dans sa dégradation, avant de mourir dans la douleur.

Aujourd’hui, le problème de la santé financière internationale est tel, que les remèdes proposés sont en vérité que des palliatifs qui se révéleront à l’usage comme étant une aggravation du mal, masquée par un soulagement transitoire.

La solution à cette dramatique situation est semblable à l’un des travaux d’Hercule celui qui consistait au nettoyage des écuries d’Augias… Mais encore faut-il avoir les capacités, les talents et les facultés d’Hercule pour faire ce travail…

Dans la tradition Hermétique, lorsque le vice parvient à s’affranchir totalement des servitudes de la vertu, c’est pour sombrer dans l’involution et la régression la plus complète, écraser par l’effondrement des édifices vaniteux ayant voulu défier les puissances et les forces supérieures qui habituellement régulent sagement le cours des choses.

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme disait Rabelais, et lorsque la vertu n’est plus au coeur de l’ontologie d’une civilisation, d’un état, d’une religion, d’un système économique, culturel ou social, cela les condamne inexorablement à leur perte, c’est le sens qu’il convient de donner à la parabole de la Tour de Babel, et la mondialisation n’est pas autre chose qu’une Tour de Babel.

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